Backstage jennifer

Jenifer_Paris_03_by_Olivier_Merzoug_Photographer Jenifer_Paris_04_by_Olivier_Merzoug_PhotographerJenifer_Paris_02_by_Olivier_Merzoug_Photographer

Nous revoilà pour un tout nouveau Backstage Shooting. Le mois dernier, nous étions avec la belle Camille dans un hôtel parisien dans des conditions de shooting studio avec lumière flash, lightbox, etc… Cette fois-ci, je vais vous entrainer dans un domaine qui me tient particulièrement à coeur : une série «Intimacy» réalisée en intérieur, avec comme unique source d’éclairage la lumière du jour. Dans ce type de séance, la lumière pénètre par toutes les ouvertures de la pièce à savoir les fenêtres, les portes ouvertes, les baies vitrées, etc. Peu importe la superficie de l’appartement ou l’exposition de ce dernier, c’est le placement du photographe et du modèle qui influent sur le résultat que l’on souhaite obtenir. Les murs, le plafond et le plancher jouent également un rôle dans le découpage de la lumière entrante. Ces éléments deviennent de véritables réflecteurs et permettent d’obtenir différents contrastes et rendus à la photo.

Jenifer_Paris_01_by_Olivier_Merzoug_PhotographerAvec cette toute nouvelle série de photographies réalisées avec Jennifer Paris, superbe modèle parisienne, je vais vous présenter diverses façons de jouer avec la lumière et le modèle. Ce qu’il est important à savoir sur ce type de séance, c’est qu’il faut avoir recours à des objectifs à grandes ouvertures. Pour ma part, j’utilise mon trio de choc à savoir le 50mn 1.4 en intérieur, le 100mn et le 70-200 mn en 2.8 quand j’ai assez de recul et un accès à une baie vitrée ou encore mieux une terrasse. Devant une fenêtre à contre jour… Sur les photos (3) (4) (6), l’image est prise à contre jour. La baie vitrée en face de moi diffuse la lumière blanche qui la traverse, les rideaux jouent le rôle de coupe-flux et permettent d’ajuster la surface de diffusion.

Les murs blancs renvoient également la lumière sur le modèle. Les draps beiges contribuent à donner à l’ensemble de l’image une touche légère et harmonieuse dans les teintes. Bien comprendre et savoir lire la lumière d’une scène revient à repérer ces différentes zones d’éclairage, à évaluer leur intensité et à mesurer leur contraste. Le choix de positionner le modèle près de la fenêtre est volontaire, il donne l’effet qu’il se retrouve englobé par la lumière, ses vêtements contrastent avec l’écrin blanc. Sur de tels contre jours, il ne faut pas craindre de brûler certaines zones (comme des rideaux blancs par exemple) ou qu’une partie du visage se fonde également dans cette lumière aveuglante ou douce suivant son intensité. Cela fait partie de la composition de l’image et permet de garder de nombreux détails dans les zones sombres.

Autre utilisation de la lumière sur les photos (1) (2) (7) (10), je vais faire l’inverse en utilisant la baie vitrée comme boîte à lumière sur laquelle le modèle va faire face. Malgré un temps d’hiver difficile et une lumière uniforme et froide, je travail sur la position de mon modèle par rapport à la source et la répartition de l’éclairage sur le corps et le visage. L’orientation du visage, face à la vitre, est déterminante pour la réussite du cliché. La lumière va ainsi s’étaler en dégradé sur le relief des joues, de la bouche et du reste du corps. Pas directement touché par la lumière, le buste et le bas du corps forme une zone d’éclairage uniforme et sombre qui contraste avec la clarté du visage. La mise en valeur du sujet est parfaite dans cette configuration.

 

Quand la lumière envahit la pièce… Il arrive parfois, en pleine période d’hiver, des sursauts de lumière du jour qui éclaircissent toute la pièce et qui vous donnent le choix dans les réglages de votre appareil. Mais quand ce n’est pas le cas, vous avez la possibilité d’utiliser des réflecteurs pour mieux canaliser la lumière ou de bien connaitre votre boitier pour savoir quelles sont les limites à ne pas dépasser. Sur la photo (8), j’ai poussé l’appareil jusqu’à 2000 iso avec une vitesse de 1/125 s et une ouverture de 2.8, inutile de vous préciser que sur ce type de réglages et pour éviter les flous bougés, vous devez absolument utiliser un pied et caler parfaitement votre appareil avec votre main. La télécommande reste une option pour déclencher la prise de vue même si on finit par perdre en spontanéité. L’idéal est d’utiliser des vêtements ou sousvêtements claires pour faciliter la mise au point de l’appareil. L’heure de la prise de vue joue également beaucoup sur la densité de lumière. Je vous recommanderais en période d’hiver de commencer assez tôt le matin ou démarrer très tôt dans l’après-midi. La lumière baisse très vite jusqu’au moment où il devient impossible de canaliser la lumière dans le capteur de votre appareil photo. Utilisation de la fenêtre…

Enfin, et pour en finir avec la lumière, un dernier cas de figure où je réalise la photo de l’autre côté de la vitre ou d’un voilage de rideaux pour canaliser la lumière entrante et donner un effet fumé à la photo. C’est le cas sur la photo (09) sur laquelle la vitre reflète le quadrillage de la rambarde du balcon mais son inclinaison me permet de voir à travers et de faire la mise au point sur le modèle.